Serge Thrust, sismologue mondialement reconnu

"Le Rotary une véritable multinationale humanitaire bénévole"

Merci cher Serge pour ta participation amicale. Merci de guider mes pas dans d'autres domaines et de me faire découvrir les raisons louables du Rotary, le travail fourni par ses bénévoles pour aider, pour "Servir d'abord". Je croyais que le Rotary était un groupe de gens aisés qui donnaient...

J'ai découvert des amis qui unissent leurs compétences pour organiser des missions internationales d'assistance et des actions d'aide locales. Le Rotary me semble à présent une véritable organisation internationale, une multinationale humanitaire bénévole. Merci

 

SISMO Chapitre 4 mars 2010

Sur son invitation, Serge avait lu l’adresse suivante : Amerika Plads 7, 2100 Kobenhawn, Denmark. Il avait été convié à un important congrès international sur le risque sismique. Mieux encore, à l’apogée de sa notoriété, à soixante-six ans, il avait été invité à partager les connaissances remarquables qu’il avait accumulées dans le domaine des tremblements de Terre. Et pour éviter toute polémique, les organisateurs avaient choisis le Danemark, pour son calme relatif dans le domaine du risque sismique. Serge avait préparé les derniers détails de son intervention dans sa chambre confortable. Le nouvel hôtel Adina offrait à ses hôtes un très haut standard. Une épaisse moquette anthracite, un mobilier en bouleau, un canapé rouge et des murs blancs brillants démultipliaient le sentiment de bien-être dans cet établissement quatre étoiles. Un déploiement de technologie inspirait la plus grande confiance tandis que les chambres spacieuses, décorées dans le style scandinave traditionnel invitaient au travail dans des conditions paisibles et appropriées. Après être sorti de la salle de bain chaude, agréablement éclairée, il arborait un peignoir molletonné blanc griffé aux initiales de l’hôtel. Il était installé à la table ronde de cette petite suite raffinée offerte par l’organisateur, et rassemblait les ultimes ingrédients d’une excellente conférence. Le discours richement étayé par des exemples, des photos, des vidéos et des chiffres, sautait les frontières pour se concentrer sur l’événement spectaculaire, les conséquences, les facteurs communs et les erreurs qui avaient été commises, conduisant au pire. Il achevait la relecture lorsque lui vint à l’esprit un détail qu’il n’avait pas encore mentionné. Il glissa dans son intervention qu’il lisait à voix haute :

-          ce sont les bâtiments qui tuent, non les tremblements de Terre eux-mêmes. Non mesdames et messieurs, les pays industrialisés ne sont pas épargnés.

Il quitta sa chaise avec ses notes, s’assit dans le canapé rouge, s’adossa et relut son discours avec une satisfaction non dissimulée. Lui qui était d’origine modeste savourait délicieusement d’être aujourd’hui reconnu pour l’homme qu’il était devenu. Loin de lui faire tourner la tête, ce statut le rendait heureux tout simplement de tous les sacrifices, les efforts et du sérieux dans l’accomplissement de son travail pendant toutes ces années. A côté de son activité professionnelle, il avait choisi le bénévolat. Sa condition acquise, confortable, il voulait en faire un exemple pour encourager des jeunes et leur faire comprendre qu’il faut avoir un rêve. Il était membre d’un grand club service, le rotary international, et éprouvait une certaine plénitude à y œuvrer. Il s’était retrouvé dans les objectifs internationaux tels que la lutte contre la polio dans le monde, la lutte contre l’illettrisme, la lutte pour l’accès à l’eau potable. A l’échelon local, il se plaisait à œuvrer dans l’action professionnelle et la participation aux projets d’intérêt général au sein du district. Il s’y investissait passionnément, à l’image de sa foi et sa volonté d’aider son prochain. Ce club service constituait également le cercle élémentaire de son réseau d’amis, réseau de professionnels de tous milieux, qui occasionnellement pouvait devenir un réseau ressource pour la conduite d’un projet. Pourtant, l’invitation à animer une partie de la conférence internationale sur le risque sismique n’était liée qu’à sa grande compétence, et cette certitude l’avait secrètement grisé.

Près d’une heure avant le début de la conférence, après avoir revêtu son smoking noir en queue de pie, sur une éclatante chemise blanche, il quitta sa chambre pour rejoindre